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500 Ans d'Histoire

Le moulin est propriété de la commune d'Amilly depuis 2010. Bâti en 1860, son histoire remonte au XVIe siècle. L'association ASAMBA œuvre aujourd'hui pour sa restauration et son animation.

1505

Première mention écrite du moulin Pollemier appartenant à Pierre Bardin.

1550

Le site prend le nom de Moulin Bardin. Il comprend alors deux moulins : un à blé et un à tan.

1605 - 1642

Construction du Canal de Briare dans la cour du moulin. La maison du meunier est reconstruite sur l'autre rive, accessible par un pont-levis.

1824

Le moulin à tan est détruit.

1830

Le canal est élargi (loi Becquey) ; on le traverse désormais par un pont tournant.

1860

Construction du moulin actuel à l'emplacement de l'ancien moulin à blé. Le bâtiment et la transmission sont toujours en place.

1885

Nouveau gabarit du canal (Freycinet) ; un pont métallique et une passerelle sont installés.

1919

Rachat par le meunier Guitard. Modernisation progressive du matériel de mouture.

1972

Fin définitive de l'activité du moulin avec l'arrêt de Paul Henri Guitard.

1991

Inscription du site à l'inventaire des Monuments Historiques.

2016

La ville d'Amilly engage un projet de restauration. Création de l'association ASAMBA.

L'Origine du Nom et les Familles

Le site du moulin, sur le Loing, est aménagé depuis probablement le haut Moyen-Âge. Des moulins s'y sont succédé, dont en 1505 le moulin Pollemier, appartenant à Pierre Bardin. La famille Bardin était une famille de notables influents de Montargis ; plusieurs de ses membres furent échevins ou gouverneurs de la ville au XVIe siècle.

Le moulin fut transmis de Pierre à ses fils, Jean et Pierre Bardin, tous deux avocats. C'est en 1550 qu'apparaît la première mention officielle du « moulin Bardin et d'ancienneté le moulin Pollemier ». Par la suite, le moulin passera aux descendants, les familles Saiget puis Lecellier, eux aussi échevins de Montargis à plusieurs reprises à la fin du XVIe siècle.

La Force Motrice : Le Loing

La roue était entraînée par le Loing. Cette rivière mesure 143 km : elle prend sa source à Sainte-Colombe-sur-Loing en Puisaye et se jette dans la Seine à Saint-Mammès.

Ici, l'eau coule dans un bief aménagé parallèlement au cours naturel de la rivière. Le Loing est partagé en deux bras. Cette configuration obligeait historiquement le meunier du moulin Bardin à partager la force de l'eau avec le meunier du moulin Charrier, situé de l'autre côté de la vallée.

Un Moulin Féodal et ses Droits

Jusqu'à la Révolution, le moulin Bardin, comme les autres moulins, dépendait du système féodal complexe. Les droits seigneuriaux étaient détenus par une seigneurie, tandis que le bâtiment appartenait à un propriétaire qui le louait à court terme à un meunier exploitant.

Par exemple, en 1537, le moulin à blé dépendait du Prieuré Sainte-Catherine de Marcy à Pannes. À la même époque, le moulin à tan dépendait du Couvent Saint-Dominique de Montargis.

Le Droit de Pêche

Dans plusieurs baux anciens du XVIIIe siècle, le meunier possédait un droit de pêche dans le bief en amont du moulin. Le règlement du loyer incluait souvent la livraison de plusieurs douzaines d'anguilles. La pêche à la nasse était d'ailleurs une pratique encore commune sur le site jusque dans les années 1950.

Le Moulin et le Canal de Briare

L'histoire du moulin est bouleversée par la construction du Canal de Briare. En 1639, les moulins et la maison du meunier sont achetés par la Compagnie des Seigneurs du canal. L'acte de vente est formel : les acheteurs ont le droit de « faire passer le canal au travers de la cour, démolir la maison où est le meunier ».

Au fil des siècles, les lois de modernisation ont transformé le site :

L'Évolution Technique : Blé et Tan

Jusqu'au XIXe siècle, deux activités cohabitaient : un moulin à blé (à l'emplacement actuel) et un moulin à tan (sur la rive gauche). Le moulin à tan utilisait des pilons actionnés par un arbre à cames pour réduire en poudre de l'écorce de chêne, indispensable aux tanneries de Montargis.

Les Céréales

Au XXe siècle, après la Première Guerre mondiale, la culture du froment s'est généralisée. La dernière production du moulin Bardin était de la farine de froment type 55. On y écrasait aussi des céréales secondaires pour l'alimentation animale comme l'orge ou l'avoine.